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Deux décisions internationales sur l'interdiction française, et elles divergent

La Cour européenne des droits de l'homme a validé l'interdiction française en 2014. Le Comité des droits de l'homme des Nations Unies a jugé qu'elle violait les droits humains en 2018. Les deux décisions restent en vigueur, et chaque camp invoque celle qui l'arrange.

Deux organismes internationaux se sont prononcés sur l'interdiction française de dissimulation du visage de 2011, à des années d'intervalle, et sont parvenus à des conclusions opposées. Les deux décisions restent en vigueur.

S.A.S. contre France — Cour européenne des droits de l'homme, 2014

Une Française musulmane a contesté l'interdiction au titre des articles 8 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme : vie privée et non-discrimination.

La Grande Chambre a validé l'interdiction, le 1er juillet 2014. Son raisonnement s'est appuyé sur un concept inhabituel en droit des droits humains : le principe français du « vivre ensemble » a été admis comme un but légitime, et la Cour a estimé que les États disposent d'une large marge d'appréciation pour réglementer des questions de ce type.

Le Comité des droits de l'homme des Nations Unies — 2018

Quatre ans plus tard, le Comité des droits de l'homme des Nations Unies, l'organe d'experts chargé de veiller au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et non une juridiction, est parvenu à la conclusion inverse. Saisi de deux plaintes individuelles contre les amendes infligées par le gouvernement français pour port du voile intégral, il a estimé que l'interdiction violait les droits humains des femmes concernées — en particulier leur droit de manifester leur religion.

Pourquoi ces deux décisions comptent toujours

Aucune des deux n'a été annulée. La décision de la CEDH est celle qui régit effectivement le droit interne français, et elle a été citée par d'autres États européens — la Belgique, le Danemark et désormais le Portugal — rédigeant leurs propres interdictions. La décision de l'ONU n'a pas de pouvoir d'exécution équivalent, mais elle constitue la prise de position la plus récente d'un organisme international de défense des droits humains, et c'est celle que citent les détracteurs des interdictions.

Un lecteur qui demanderait « cette interdiction est-elle légale en droit international » obtiendra une réponse différente selon l'organisme interrogé. C'est là l'état réel de la question, et non une lacune de ce résumé.


Sources. NPR · Open Society Justice Initiative · Global Freedom of Expression, Columbia

Publié 22 octobre 2018 · Rédaction Adjung PressRéférences NPR · Open Society Justice Initiative · Global Freedom of Expression, Columbia