Un « demi-niqab » suffit-il ?
La réponse retenue ici est non : ce que l'on appelle demi-niqab est en réalité un lithām, et il laisse le front découvert. Mais des relations des premières générations autorisent bien la zone des sourcils, si bien que la réponse est plus étroite qu'il n'y paraît au premier abord.
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Ce que couvre un niqab
Dans sa forme originelle, le niqab expose les yeux et la zone qui les entoure immédiatement — le maḥjir — et rien d'autre.
Ce qui est commercialisé sous le nom de demi-niqab n'est, selon cette lecture, pas un niqab du tout, mais un lithām : une couverture de la partie inférieure du visage. Certains savants contemporains le jugent insuffisant parce qu'il laisse le front exposé, et la concession accordée par le vêtement n'a jamais porté sur le front.
La complication que cette page soulève contre elle-même
Comme le sourcil se situe en dehors de la définition technique du maḥjir, la position par défaut est qu'il devrait, lui aussi, être couvert. Cet argument est immédiatement compliqué par des éléments allant en sens inverse.
Le récit de Qatādah rapporte que la couverture est tirée au-dessus du sourcil, ce qui implique que le sourcil lui-même peut rester visible.
Dieu leur a ordonné de tirer la couverture au-dessus du sourcil lorsqu'elles sortent.
L'athar de ʿAbīdah al-Salmānī va dans le même sens. Ibnu Sīrīn le décrit laissant tomber le ridāʾ depuis le haut jusqu'à ce qu'il arrive près du sourcil, ou au-dessus de lui, et ceci ne vaut que comme une possibilité que le jilbāb n'ait pas besoin de couvrir le sourcil, non comme une démonstration qu'il n'en a pas besoin.
Al-Naḥḥās (m. 338 H) transmet d'al-Ḥasan al-Baṣrī que l'expression du verset signifie couvrir la moitié du visage — bien que la chaîne de transmission de ce récit ne soit pas fournie et n'ait pu être localisée, ce qui constitue une limite réelle de ce récit.
Et Ibnu al-ʿAṭṭār, de l'école Shāfiʿī, permet que le front reste exposé : le visage d'une femme musulmane, affirme-t-il, ne doit pas rester découvert au-delà d'environ la largeur des doigts à partir du haut du visage.
Où cela laisse la réponse
La lecture stricte, selon laquelle un demi-niqab est insuffisant, est la position affirmée ici, énoncée clairement. Mais elle coexiste avec des récits anciens et au moins une autorité Shāfiʿī qui autorisent le sourcil, ou tout au plus la largeur d'un doigt au-delà.
Ainsi, la réponse honnête est la suivante : selon la lecture stricte, non. Selon d'autres avis rapportés, peut-être — mais seulement pour le sourcil, pas davantage. Ce qui se vend aujourd'hui comme « demi-niqab » ne s'arrête pas au sourcil ; il laisse ouverte une grande partie du haut du visage, bien au-delà de ce qu'autorisent même les récits les plus permissifs.