Dois-je porter le niqab devant ma belle-famille et mes cousins ?
Cela suit la décision relative au niqab lui-même. Les savants qui exigent ou recommandent la couverture ne traitent pas les proches différemment — un beau-frère ou un cousin n'est pas un maḥram. Ce site ne tranchant pas si le niqab est obligatoire, il ne tranche pas non plus cette question.
La réponse est conditionnelle, et la condition reste à trancher
Les savants qui tiennent la couverture du visage pour obligatoire ou recommandée ne divisent pas les hommes non apparentés en catégories. Pour eux, un homme est soit maḥram soit ajnabī, et le lien familial ne crée pas de troisième classe. Beaux-frères, cousins et demi-frères sont ajnabī.
La conséquence est conditionnelle, et la formulation compte : si le niqab est obligatoire, alors il est obligatoire devant la belle-famille aussi.
Ce site ne tranche pas si le niqab est obligatoire, suivant en cela le avec ce jugement suspendu tout au long du site, si bien que cette page ne peut pas se résoudre en un simple oui. Ce qu'elle établit est plus restreint : quelle que soit la décision relative au niqab, elle s'applique à ces proches comme à tout autre homme non apparenté. La proximité familiale ne constitue pas, en elle-même, une exemption.
Le Shaykh Muqbil al-Wādiʿī (m. 1422 H), interrogé sur le fait de savoir si une femme peut lever son niqab devant un cousin, a répondu que, le mariage avec lui étant permis, elle ne le peut pas — la concession n'appartient qu'aux hommes dont le mariage avec elle est définitivement prohibé.
Une position intermédiaire
Al-Mawdūdī adopte une position graduée : les proches non-maḥram ne sont ni assimilés aux maḥram, ni nécessairement traités comme des étrangers lointains. Le degré de couverture s'apprécie selon la proximité de la relation, l'âge, le fait que les foyers vivent ensemble ou séparément, et la nature réelle de la relation.
Il vaut la peine de citer cette appréciation avec exactitude : le raisonnement d'al-Mawdūdī est jugé faible, mais la position elle-même mérite d'être considérée. Ce ne sont pas les mêmes jugements, et un résumé ne devrait pas les réduire à une approbation.
La note finale
Cette section ne se termine pas par une décision, mais par une demande, et c'est le ton que ce site cherche à conserver.
La demande finale est que les musulmans ne restreignent pas la question au point de condamner les femmes qui ne se voilent pas devant certains proches — les accusant d'être sélectives, incohérentes ou hypocrites. La raison donnée est pratique : un tel traitement ne fait qu'éloigner les femmes de la pratique tout entière.
Et le principe final est celui de l'accommodement plutôt que du tout ou rien : ce qui ne peut être atteint en entier n'est pas abandonné dans sa plus grande part.
Si l'on en est capable, la meilleure voie est préférable ; mais si l'on n'en est pas capable, alors — ce qui ne peut être atteint en entier n'est pas abandonné dans sa plus grande part.